« Je ne suis qu’un homme qui boit des litres pour noyer sa haine ». Les chansons révèlent parfois des tristes vérités. Sexion D’assaut, le groupe de Rap parisien très à la mode, nous fait réfléchir sur certains sujets pertinents avec un vocabulaire d’jeun’s de banlieue sur la chanson Wati by Night. Sisi la famille tavu !
Dans « casquette à l’envers », ils cherchent à démonter certains préjugés sur les tenues vestimentaires et ils revendiquent que le proverbe « l’habit ne fait pas le moine » est encore une utopie en France…
Ce n’est pas le rugbyman Christian Labit, ni l’humoriste Jean-Luc Lemoine qui diront le contraire…
Alors oui, parfois les rappeurs mettent le doigt sur des sujets sensibles et d’actualité mais ils leur arrivent aussi parfois de manquer un peu de philosophie…
En témoigne la citation du début d’article, elle révèle une réalité sur la haine que les Hommes portent en eux.
Si chacun fait l’expérience, il n’est pas difficile de trouver quelque chose qui nous rend haineux…Si vous manquez d’inspiration, le Front National peut vous être d’une grande utilité, il regorge d’idées et de comportements haineux…
Pour ma part, j’ai une haine des gens haineux, un peu comme Matt Pokora qui dit : « Rapide comme l’éclair, je fuse et j’évite tous les gens haineux ». Alors certes, ce n’est pas le plus grand philosophe de tous les temps et finalement il serait même plus malin d’opposer Spinoza à Sexion D’assaut.
Je m’explique, la solution des Sexion D’assaut pour vaincre leur haine, c’est de boire des litres. Ils ne disent pas explicitement de quoi il s’agit mais on peut imaginer que c’est avec un liquide car seuls les liquides ont une contenance qui se mesure en litres…Démonstration par l’absurde !
A mon avis, c’est même de l’alcool…ça c’est mon petit côté Sherlock Holmes qui parle…
Quelle tristesse ! Noyer sa haine avec de la boisson alcoolisée…Le pire dans tout ça, c’est qu’ils ne sont pas seuls, d’autres les suivent et on assiste à des scènes surréalistes tous les samedi soirs en rentrant avec le premier métro : violence, insultes, pleurs, yeux rouges, reflux gastriques œsophagiens etc…
Spinoza a une autre approche, une approche plus philosophique (normal, il est plus philosophe que rappeur). Il est conscient de la haine qui vit en chaque homme mais son remède est beaucoup mois violent. Il dit qu’il faut « vaincre la haine avec l’amour et la générosité »…Alors oui, c’est surement plus simple de la noyer avec de l’alcool mais c’est tout de même un beau défi pour essayer de la combattre par les vertus.
Je ne préfère pas imaginer Spinoza à la tête du groupe Sexion D’assaut, il aurait surement transformé les paroles en : « Je ne suis qu’un Homme, qui parle d’amour et de générosité pour terrasser la haine »…Je pense qu’il aurait vendu beaucoup moins d’album…ça c’est mon petit côté analyste sociologue qui parle…
Je regrette tout de même que les textes de certains philosophes ne soient pas mis en chanson, je continue donc à danser sur Wati By Night en attendant que Spinoza sorte son nouvel album…
« Un sujet normal est essentiellement quelqu'un qui se met dans la position de ne pas prendre au sérieux la plus grande part de son discours intérieur ».
Il arrive que la psychologie et la philosophie se rejoignent et ce mois-ci elles sont sœurs car c’est PhiloMag qui reprend les recherches de Freud et Lacan pour répondre à la question : « Et vous, êtes-vous normal ? »
Le rédacteur en chef explique d’ailleurs en introduction qu’il a fait exprès d’insister sur le vouvoiement avec l’accroche « Et vous » pour qu’il ne soit pas accusé d’avoir fait une faute de conjugaison entre l’adjectif « normal » et le sujet « vous » qui pourrait porter à confusion. En effet, ce « vous » utilisé n’est pas un pluriel mais bien un « vous » singulier de politesse. On comprend bien la démarche philosophique du rédacteur qui veut personnaliser la réflexion sur la question qui aurait eu évidemment une tout autre portée si elle avait été : « Êtes-vous normaux ? ». Effectivement si cette question avait été posée de la sorte, nous aurions été moins impliqués personnellement par le sujet. Heureusement ce n’est pas le cas et il est inutile (comme ce paragraphe) de fantasmer sur ce qui ne s’est pas produit !
Ouf !
Revenons à nos brebis égarées !
Encore une fois c’est un débat entre un handicapé physique et un allumé tatoué-percé qui a retenu mon attention. Ils avaient tous les deux un physique d’extra-terrestre sauf que l’un des deux l’avait choisi…Ce débat paranormal entre deux êtres totalement opposés devait répondre à la question de la normalité. J’étais déboussolé, décontenancé, désorienté* !
Qui était normal ? Est-ce qu’il y en avait un plus normal que l’autre ? Est-ce que être normal c’est avoir raison ? Est-ce un signe de bonne santé que d’être bien intégré dans une société profondément anormale et malade ?
Je ne sais pas ! Enfin si je me suis construit ma petite idée sans prétention (comme un vin de chez Liddle qu’on amène en soirée), je pense qu’être normal c’est être en accord avec soi-même. Alors certes ça n’apporte pas grand-chose si on ne développe pas mais comme il se fait tard et que j’ai une flemme monstrueuse, je ne souhaite pas m’attarder sur la responsabilité de la société qui construit des normes et des jugements de valeurs imposés à tout le monde par la puissance de l’influence… L’homme reste un animal à part qui est le seul à se demander s’il est normal !
Alors oui, c’est vrai qu’on voit tous des gens « étranges » quand on se ballade dans la rue et qu’on a trop souvent tendance à croire que notre culture, notre équilibre sont la norme universelle. Mais non, il serait pourtant tellement plus simple de penser comme cet auteur qui a changé son regard sur la différence : « Autrefois, je considérais que chaque original était un malade et un anormal. Mais à présent, je considère que l'état normal d'un homme est d'être un original. ». Cela peut vous laisser songeur mais c’est normal…
*ces trois qualificatifs sont complètement disproportionnés par rapport au ressenti réel de l’auteur
« L’euphorie est une illusion du bien-être mais je préfère dire qu’elle est un avant goût du bonheur ». Effectivement l’euphorie est un terme que l’on utilise plus souvent en médecine qu’en philosophie car c’est une sensation chimique qui provoque une joie éphémère manquant de vérité.
Les drogués recherchent cette fausse sensation de bonheur par l’intermédiaire de produits illicites et les philosophes atteignent cet état lorsque surviennent des évènements imprévisibles heureux ou quand ils sont fiers d’inventer des citations…
J’ai donc vécu un moment de pure euphorie qui ne m’a pas empêché de philosopher. En l’espace de quelques heures, j’ai :
- été embauché
- refusé deux autres boulots
- gagné un championnat de foot
- pris des billets de train de nuit pour partir à la montagne
- surfé sur les fesses pour la première fois
- commencé une nouvelle vie de pépite.
Tout est allé très vite, la sensation de bien-être est à son apogée et dans cet état tous les sentiments se mélangent et il est difficile de s’y retrouver : excitation, impatience, angoisse, plaisir, peur, joie, confiance ! Que des sujets passionnants qui prendraient toute une vie pour les étudier sauf que dans ce cas précis, il faut les résoudre en quelques heures pour ne pas devenir complètement fou !
Bref, je philosophe pour retrouver la sérénité et une paix véritable qui me permettra de canaliser cette euphorie qui ne demande qu’à se transformer en bonheur !
Même si cet article n’est pas des plus funky-fresh, il était important pour moi de partager ce moment avec vous, surtout quand le blog vit surement ses dernières heures. Effectivement, il va peut être bientôt se transformer en un véritable lieu de pèlerinage pour tous les philosophes des bacs à sable. Patience, patience, mon blog et moi sommes liés, quand l’un change de vie, l’autre aussi ! L’avenir nous réserve des surprises, ne cédez pas à l’euphorie et l’impatience, tout vient à point à qui sait attendre les bonnes choses !
« C'est inutile de questionner, il faut accepter de savoir sans se souvenir, ou croire qu'on sait, savoir qu'on croit. » Je suis comme vous, je n’ai rien compris à cette citation lors de ma première lecture…ni lors de la deuxième d’ailleurs…
Par contre, elle m’a inspiré pour me poser cette question : est-il nécessaire de se poser des questions ?
Le sujet est vraiment complexe car effectivement si on répond ‘non’ à la question, la question ne se pose plus, elle n’a plus de raison d’exister et l’article prendrait fin immédiatement !
Cependant, malgré l’allure candide de la question, un vrai sujet philosophique est posé. Je tente de m’expliquer. Effectivement, le mot important dans cette question est le mot « nécessaire » car si on le change, la question prend un autre sens :
- Est-il indispensable de se poser des questions ?
- Est-il important de se poser des questions ?
- Est-il marrant de se poser des questions ?
...
Je m’arrête là dans les exemples mais vous pouvez continuer l’exercice en utilisant tous les adjectifs qui vous passent par la tête, vous serez surpris du résultat et des réponses qui peuvent en découler…
Les philosophes avertis me diront que le mot « question » est tout aussi important dans la question car si on change ce mot par n’importe quel autre nom, la question devient complètement différente et le sens parfois ambigu…
- Est-il nécessaire de se poser des carottes ?
- Est-il nécessaire de se poser des cornemuses ?
...
Amusez-vous aussi à changer les mots, vous verrez rapidement l’absurdité de l’exercice…L’absurdité atteindra son summum quand vous essaierez de répondre aux questions que vous avez créées… (Je vois déjà les apprentis comiques de fin de soirée débattre sur la nécessité de se poser des carottes pour montrer notre attachement aux lapins et aux vertus de la carotène…).
Revenons à notre nécessité de se poser des questions ! Pourquoi est-ce nécessaire ?*
Pour se construire son savoir et son jugement moral, comme un enfant qui arrête de poser des questions quand il a épuisé l’imagination de ses parents.
Le savoir est un chemin incontournable vers la connaissance de la vérité et la vérité une obsession philosophique qui conduirait soit disant vers le bonheur…MOUAIS !!!
Même si Merlin l’Enchanteur vante les « mérites du savoir pour posséder la puissance de l’intelligence », on notera que certaines questions posées amènent d’autres questions et encore d’autres questions dans un cycle infini de questions avec une multitude de réponses…C’est peut être ça le charme de se poser des questions, on ne s’ennuie jamais face à une ligne d’arrivée qui s’éloigne toujours un peu plus. Et quand on pense la franchir, une nouvelle ligne apparaît un peu plus loin et on repart à la conquête du drapeau à damier…J’arrête là pour la métaphore de la ligne d’arrivée…
Rien de mieux que de finir sur une citation de Pierre Desproges qui fait une apologie du questionnement philosophique : « Quand un philosophe me répond, je ne comprends plus ma question »…
* Appréciez la sonorité mélodieuse de cette question